vendredi 23 janvier 2009

Compte-rendu public du mandat du maire de Paris dans le 5ème

Lundi 19 janvier, Bertrand DELANOE a présenté avec Lyne COHEN-SOLAL, élue du 5e et adjoint au maire chargée du commerce et de l'artisanat, son compte-rendu public de mandat devant une assemblée composée d’environ 200 personnes. Plusieurs autres adjoints avaient également fait le déplacement dont Anne HIDALGO, première adjointe, chargée de l’urbanisme et de l’architecture, Annick LEPETIT, chargée des déplacements, des transports et de l’espace public, Bernard GAUDILLERE, chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés d’économie mixte et Jean-Louis MISSIKA, chargé de l’innovation, de la recherche et des universités.

Premier bilan de la nouvelle mandature, cette réunion a permis de mettre en lumière les problèmes spécifiques à l’arrondissement. Des dossiers importants (circulation Boulevard Saint-Marcel, désamiantage de Censier, risque de délocalisation du 5ème de certaines universités ou écoles) n’en sont cependant qu’au stade de la réflexion ou de la concertation. En revanche, pour les dossiers ayant trait à la vie quotidienne, en particulier les transports en commun, le développement d’une circulation plus propre et plus fluide, les avancées sont plus significatives.

D’une manière générale, le climat de discussion ouverte, exercice positif de démocratie locale, a été bien accueilli même si certains citoyens présents sont repartis avec un peu de frustration. Bertrand Delanoë, après avoir remercié l’assistance de sa présence, a aussi précisé, qu’indépendamment du support papier remis aux participants, le compte rendu était également accessible aux internautes qui avaient la possibilité de poser des questions et d’obtenir une réponse sur internet.

Chaque question posée par l’assistance a donné lieu à une réponse de Bertrand DELANOE complétée par l’adjoint en charge du dossier concerné.

Il y a eu de nombreuses questions, ce qui nous oblige à sélectionner les sujets. Des questions ont porté sur la circulation en vélo et la lutte contre la pollution, l’éducation, les toilettes publiques… Le maire a rappelé que la municipalité allait augmenter le nombre de kilomètres de pistes cyclables, moins dangereuses et de place de stationnement, que la lutte contre la pollution constituait une priorité de la mandature avec notamment l’application de normes HQE sur les bâtiments publics, que le nombre de toilettes publiques allait être augmenté... Enfin, une question sur l’internat du Lycée Henri IV a été posée par un interne. L’adjoint a indiqué que les lycées ne sont pas du ressort de la ville mais que l’effort de la ville dans ce domaine était néanmoins significatif (restauration d’un escalier classé monument historique, travaux de rénovation, etc.). Il en a profité pour rappeler en matière d’éducation les problèmes posés par la loi sur le service minimum d’accueil qui ne permet pas de garantir dans les conditions actuelles la sécurité des enfants. Les principales questions ont ensuite porté sur les points suivants :


1. -Que vont devenir les deux centres de santé installés dans l’enceinte du Palais de la Mutualité ?
Le Conseil de Paris a émis un vœu pour défendre leur existence et le maintien de ces centres dans le 5e. Bertrand Delanoë a écrit personnellement à Jean-Pierre Davant , président de la Mutualité Française pour lui demander de trouver une solution. La Mutualité Française réfléchit activement afin de maintenir cette activité mutualiste nécessaire à la santé des habitants et la ville de Paris a bon espoir qu’une solution soit trouvée rapidement. Il conviendra que les citoyens soient vigilants sur le contenu du plan, ses modalités et le planning de réalisation

2. Où en sommes nous de la restructuration des conditions de circulation au niveau des Boulevards Saint Marcel et Port-Royal ?
Bertrand Delanoë reconnaît, comme au cours de la dernière campagne des municipales, qu’incontestablement, l’aménagement de ces boulevards a été une erreur. Trois objectifs majeurs doivent guider la concertation et la solution qui sera retenue : la sécurité des piétons, la lisibilité de l’espace public et la qualité des dessertes des bus. Il nous est annoncé une concertation en 2009 et une fin de chantier en 2012. Il nous parait important que la phase de concertation et de présentation du projet à la population soit réalisée le plus rapidement possible. La date de fin des travaux pour 2012 n’a de sens que si le projet nécessite de revoir complètement l’aménagement et parait très lointaine.


3. Vous avez annoncé une augmentation des impôts locaux. Une augmentation de 9 % ne risque-t-elle pas de pénaliser les personnes possédant des revenus faibles, notamment les retraités ?
Il ne faut pas oublier que pendant toute la précédente mandature les impôts locaux n’ont pas augmenté à Paris. Il a été décidé une augmentation de 9% en 2009 et cette hausse se poursuivra uniquement en 2010. Il faut dire que l’Etat a transféré des charges aux collectivités locales, par exemple le RMI, avec la promesse de rembourser et rien n’est venu, ce qui fait une charge supplémentaire de 130 millions. De même, le tramway sud avait été subventionné par l’Etat à hauteur de 25%, or pour son prolongement à l’est et au nord de Paris, rien ! D’autre part, Paris est le seul département (NDLR : Paris est à la fois une municipalité et un département) où la taxe foncière, supportée par les propriétaires, ne comprend pas un taux d’imposition départemental. Cette anomalie va être corrigée par la création d’un taxe foncière départementale afin que le poids de l’augmentation soit mieux équilibré entre les locataires et les propriétaires. Cette augmentation des impôts locaux contribuera au financement des 40 000 nouveaux logements sociaux qui doivent être créés au cours de la mandature En dépit de cette augmentation, le montant moyen des impôts locaux parisiens, qui est de 600 euros, restera nettement inférieur à celui des autres grandes villes françaises qui sont généralement supérieures à 1200€

4. Que fait la ville pour les exclus qui connaissent une situation dramatique, n’ont pas assez de places d’hébergement de nuit dont certaines sont assez vétustes et peu adaptée à favoriser la réinsertion .
La Ville a créé 1000 places depuis 2001 et 2000 seront crées au cours de cette mandature. Il faut noter que Paris offre 50% des places d’hébergement en d’Ile de France alors que certaines communes limitrophes ne font rien comme c’est la cas en particulier dans les Hauts de Seine. Dans le 5e, rue Vauquelin un centre d’hébergement pour des femmes a été ouvert, et la ville attend une décision de justice pour en ouvrir un autre à la limite de l’arrondissement avec le 13e en récupérant un local occupé sans titre.

5. Beaucoup de grandes écoles et d’université sont déplacées. L’inquiétude de voir le quartier Latin vidé de ses étudiants s’exprime.
C’est un vrai souci partagé par la ville. Normalement, l’université ne relève que de l’Etat, néanmoins, la ville de Paris a pris en charge des locaux et, lors de la première mandature, a investi plus que l’Etat dans le financement des Universités parisiennes. La secrétaire d’Etat à l’université et la recherche envisagerait la vente de bâtiments, comme le centre Censier ou l’Agro pour les transformer en bureaux ou hôtels afin de financer le transfert des domaines scientifiques à Saclay. Une désertification étudiante de Paris est impensable. L’ambition de la ville est d’aider l’enseignement supérieur et la recherche parisienne à se structure autour de trois grands pôles dont le premier est celui de la Montagne Sainte Geneviève et du Quartier Latin, centre historique de l’enseignement supérieur parisien. Le maire de Paris ainsi que le maire du 5ème arrondissement comme l'a indiqué son représenant, s’opposent fermement à une politique de délocalisation .

6. Où en est le chantier Jussieu ? Les habitants se plaignent des nuisances, les commerçants des pertes économiques dues aux travaux mais sans aucun écho. De plus un chantier identique va être ouvert à Censier. Nuisances, problèmes économiques, déplacement des étudiants, nous n’avons aucune information sur le sujet.

Ce chantier est entièrement dirigé par l’Etat. C’est un chantier qui n’a fait que déraper au cours des années : retards, augmentation de budget. On parler maintenant d’une fin pour 2013 ! L’Etat a été alerté, je porterai le vœu émis par le Conseil de Paris auprès du Conseil d’administration de Jussieu. Pour ce qui concerne Censier, le chantier sera pris en charge par l’EPA de Jussieu ( ? rires dans la salle !) mais on ne sait pas encore précisément où iront les étudiants durant cette période et s’ils reviendront vu que l’Etat souhaiterait vendre ces locaux (voir ci-dessus). Se pose la question de l’avenir de commerçants directement liés à l’activité universitaire. Nous souhaiterions qu’à la différence de Jussieu, l’Hôtel de Ville s’implique dans la relation entre habitants-commerçants et l’Etat dès le début du chantier et qu’elle nomme un médiateur.