dimanche 29 septembre 2013

Marie Christine Lemardeley: pourquoi a-t-elle décidé d'être candidate aux municipales dans le 5ème arrondissement de Paris? (2/3)


5eG : Pensez-vous que votre expérience comme présidente d’université puisse vous être utile en tant que maire d’arrondissement ?

MCL : Être maire d’arrondissement, ce n’est évidemment pas la même chose qu’être présidente d’université. Toutefois, présider une université, ce n’est pas seulement travailler avec des enseignants-chercheurs, c’est aussi avoir à résoudre de nombreux problèmes liés à la vie et aux conditions de travail des personnels, aux cursus mais aussi à la vie des étudiants en dehors des cours. Je suis constamment à l’écoute des préoccupations quotidiennes de tous ceux qui travaillent au sein de l’université.

Lorsque j’étais directrice du Collège Néerlandais à la Cité Internationale Universitaire de Paris, j’avais déjà été confrontée à l’expérience très concrète de m’occuper de la vie quotidienne des étudiants, et de gérer un bâtiment. La Cité Universitaire, c’est une petite ville. J’avais contribué à mettre en place un relais social international, avec des assistantes sociales et des psychologues, pour aider les jeunes venant d’autres régions de France ou des pays du monde entier, souvent fragilisés par leur isolement à leur arrivée à Paris.
J’ai été élue présidente à un moment où l’université était mise en danger par la mise en œuvre de la loi LRU. J’ai toujours eu vis-à-vis de cette loi des positions critiques, malgré l’obligation que j’avais de l’appliquer. À Paris 3, j’y ai mis tous les garde-fous qu’il était en mon pouvoir d’installer. J’ai limité les pouvoirs dévolus à la présidence en créant des lieux de concertationJe préside personnellement toutes les commissions paritaires et les comités techniques car ce sont pour moi des lieux de dialogue social.

5eG : Quelles qualités pensez-vous avoir pour être un bon maire ?

MCL : Tout d’abord, des qualités d’écoute et de dialogue. On ne peut pas faire le bonheur des gens sans eux, et encore moins contre eux.

Un maire d’arrondissement doit aussi veiller à créer et entretenir un cadre de vie agréable. De ce point de vue, le 5ème arrondissement possède des atouts exceptionnels. Je tiens néanmoins à être particulièrement attentive à tous les problèmes de bruit, de sécurité, de propreté que rencontrent les habitants de nos quartiers au quotidien. Il faut veiller à préserver notre qualité de vie.
À mes yeux, le maire doit être le porte-parole et l’ambassadeur des habitants de l’arrondissement. Il doit faire en sorte qu’ils soient fiers d’habiter dans le 5ème arrondissement, fiers des réalisations collectives auxquelles ils contribuent quotidiennement. Un maire d’arrondissement n’agit pas seul. Il mène un travail collectif, fondé sur la concertation et l’écoute. Il doit aussi être capable de prendre des décisions qui fédèrent les énergies.

Je suis aussi mère de deux enfants, et je connais bien tous les problèmes que rencontrent les mères qui travaillent : les crèches, la santé, les gardes, les loisirs. Les équipements publics de notre arrondissement doivent constamment évoluer pour répondre aux besoins des familles.
Et un bon maire doit se préoccuper du bien-être de tous. Lorsque j’étais étudiante à l’École Normale Supérieure, dès ma première année, j’ai effectué des stages dans des colonies de vacances avec des enfants handicapés. Cela m’a beaucoup sensibilisée aux problèmes rencontrés par les handicapés. J’ai mis en place à la Sorbonne Nouvelle une mission Handicap qui a débouché sur des mesures concrètes en faveur de l’accueil des étudiants en situation de handicap. Ils sont de plus en plus nombreux à venir étudier dans nos murs. Je suis fière que notre université soit connue pour cela.

(Cinquième Gauche septembre 2013)